Connaissez-vous le Pays Toy ? C’est une vallée des Hautes-Pyrénées qui s’étire de Luz-Saint-Sauveur à Gavarnie, peuplée de bergers, traversée par le Tourmalet et célèbre pour son mouton à laine sombre, le Barèges-Gavarnie. 17 communes hier, 15 aujourd’hui, mais surtout : une identité forte, une langue, des traditions pastorales encore vivantes au XXIᵉ siècle. Découvrez ce petit pays dans le pays.
Que faire dans le Pays Toy aujourd’hui ?
- Randonnée au Cirque de Gavarnie (UNESCO) ou autour des lacs de Néouvielle
- Ski au Tourmalet, Luz-Ardiden ou Barèges
- Thermes de Luz-Saint-Sauveur et Barèges
- Découverte du mouton de Barèges-Gavarnie et du pastoralisme
- Visite de Luz, Saint-Sauveur et leurs ponts napoléoniens
Le Pays Toy

Génèse :
A l’origine, la vallée s’appelait : La Vallée de Barège (sans le s). Cela faisait la nuance avec la commune de Barèges où fût créée la première station de ski. Elle regroupait 17 communes, mais à présent elle en compte 15. Une structure datant de 1839, appelée Commission Syndicale de la Vallée de Barège est toujours opérante à ce jour. Constituée d’un délégué par commune, cette assemblée fondamentale pour le canton gère les biens indivis. Par exemple, la règlementation des pâturages, les équipements pastoraux dans les estives (cabanes, abreuvoirs, clôtures..), les coupes de bois, les pistes. Elle gère aussi des questions relatives aux établissements thermaux ainsi que la construction d’équipements touristiques sur les domaines skiables. Cette commission a pris la relève des associations de communautés valléennes.
En dialecte local, on appelle un enfant : «u tchoy » (prononcer u tïoy). Par son affirmation péremptoire, un ecclésiastique fier de ses racines (Louis de CAMPUS) déclara : «U Toy nou cragn qué Diou, ets périclés è era lit » !
(Un Toy ne craint que Dieu, les tonnerres et l’avalanche.) Convaincus, des « penseurs -décideurs» locaux substituèrent « Toy » à « Tchoy » pour désigner les habitants de la vallée. Ainsi la Vallée de Barèges est devenue Le Pays Toy. (RIVIERE-CHALAN)
L’accès se fait par des gorges étroites ce qui explique que jusqu’au milieu du 18 ème siècle les échanges avec les plaines se sont faits, selon la saison, par le col du Tourmalet. Ses habitants ont longtemps entretenu des relations plus fréquentes avec les vallées voisines, particulièrement celle de Broto en Aragon. Cela avait créé une interdépendance vitale pour les deux vallées frontalières. Ces liens, établis par des traités depuis le 13 ème siècle, sont toujours en vigueur aujourd’hui. Les pâturages sont mis à disposition durant l’été. Un millier de vaches espagnoles transhument à la Bernatoire, dans la vallée d’Ossoue.
Dès le XIXe siècle, les Pyrénées furent « à la mode » pour les ascensions en montagnes et les cures thermales.
Aujourd’hui, ce canton fait partie de la Communauté des Communes Pyrénées Vallées des Gaves. Il doit son nom aux multiples torrents qui dévalent cimes et vallons. L’économie locale est composée principalement du tourisme d’été et d’hiver, du thermalisme et de l’agriculture.
Le tourisme d’été :

cascade de Gavarnie
Haut lieu du pyrénéisme, cette vallée est dotée de sites exceptionnels. Parmis eux, les 3 cirques somptueux façonnés par les glaciers : Troumouse, Estaubé et Gavarnie avec la Brèche de Roland et le pic du Vignemale, le plus haut sommet des Pyrénées françaises (3298m). Le col du Tourmalet est devenu mythique par le passage du Tour de France. Près de lui se trouve l’observatoire du Pic du Midi (2877m), céleste belvédère ouvert aux visiteurs. Il a conquis un vaste public. Cependant, une partie reste réservée aux scientifiques qui mènent des recherches en astronomie.
Le Parc National Des Pyrénées a été créé en 1967. Il comprend une zone périphérique englobant 86 communes. Il participe au développement touristique en promouvant la connaissance du milieu montagnard. L’élevage traditionnel y est autorisé.
Autre atout, la proximité de Lourdes, célèbre lieu de pèlerinages catholiques (jusqu’à 6 millions de visiteurs annuels.)
Le tourisme d’hiver :

Trois stations de ski Le Grand Tourmalet, Luz Ardiden et Gèdre-Gavarnie proposent différentes activités liées à la neige.
Le ski de randonnées connait ces dernières années un essor important.
Le thermalisme :
Deux établissements thermaux Barèges et Saint Sauveur accueillent des curistes d’avril à fin octobre. Durant toute l’année, c’est le thermo-ludisme, par le bien-être et la remise en forme, qui complète les activités telles que le ski, le vélo, la randonnée…..
Napoléon III et l’impératrice Eugénie, venus « prendre les eaux », séjournèrent à Saint Sauveur. Ils gratifièrent la vallée par la construction d’édifices remarquables comme le Pont de Napoléon et la chapelle de Solférino.
Outre les nombreux visiteurs de renom, hommes des arts et des lettres tels que BAUDELAIRE, FLAUBERT, LAMARTINE, DELACROIX, ROSSINI……etc, les paysages majestueux de cette vallée ont été sacrés par Victor HUGO (dans son poème Dieu). Plus récemment, ils ont été magnifiés au cinéma par les nombreux films des Frères LARRIEU. Les montagnes ne sont pas toujours des barrières entre les hommes.
L’agriculture :
Dans cette vallée, les paysans avaient l’esprit entreprenant. Les terres étaient souvent morcelées dans des sites dispersés. En effet, l’activité agricole s’effectuait sur deux niveaux. Une partie près du village où en plus de la période de fenaison, ils cultivaient du seigle, de l’orge, du blé, du sarrasin, et du maïs. Ces cultures constituaient la base importante de leur alimentation. L’autre partie se trouvait sur les hauteurs souvent d’accès difficile. En ces lieux appelés « yers », chaque foyer construisait une grange. Cela permettait de récolter et mettre à l’abri le fourrage et le cheptel. La grange servait aussi d’habitat à la famille durant la période des foins. Les bergers y vivaient une grande partie de l’année pour la gestion du troupeau jusqu’aux premières chutes de neige.
Ce qui explique la présence de nombreuses granges dispersées sur les divers flans de montagne. Elles étaient judicieusement bâties dans des zones protégées des avalanches. Il y avait plus de prairies que de terres labourables. L’élevage constituait l’activité essentielle de ses habitants. Les nécessités et les contraintes pastorales impliquaient des actions collectives et un renforcement des liens qui conditionnaient les travaux quotidiens.
Des évènements vont modifier ces fonctionnements : la construction des routes, le développement du thermalisme, révélant l’existence d’une société de consommation et plus tard l’arrivée de la mécanisation. Seules les parcelles accessibles par véhicules demeurent cultivées. Les petites exploitations peu rentables sont abandonnées.
Ces éléments vont changer l’activité autarcique du monde pyrénéen sur le plan économique et politique.
Un autre trouble plus récent est l’introduction d’ours slovènes en 1996 dans le but de préserver la biodiversité. Cette opération a été menée sans concertation aucune avec les éleveurs. Florence DEBOVE, dans son livre passionnant « Bergère » dont c’est sa profession, ayant subit elle-même une attaque d’un de ces plantigrades, évoque très justement avec pertinence cette situation préoccupante pour ceux qui vivent du pastoralisme.
Certains paysans, soucieux de fournir une production raisonnée, impliquant le maintien d’un savoir faire ancestral, permettent de découvrir encore de nos jours dans cette vallée, une activité agricole peu mécanisée et en harmonie avec la nature. (Campbielh)
Nanou
Nanou est une fille de berger du pays Toy , qui à consacré sa vie à l’autre…
Aujourd’hui à la retraite, elle organise des fiestas à sa grange, avec l’association La Pourtère, afin de récolter des fonds qui viennent en aide aux migrants.
Pour soutenir La pourtere, vous pouvez adresser des dons ou vous renseigner auprès de: lapourtère@gmail.com

👉 Envie de ramener un morceau du Pays Toy chez vous ? Découvrez nos miels d’altitude, récoltés au plus près des estives qui font la richesse de cette vallée.
Bravo et merci pour ces explications claires et concises .
De magnifiques vallées où il fait bon vivre